Voilà quelques années déjà que l’on voit fleurir sur les murs des grands centres urbains du Chili et d’Argentine ainsi que de certaines capitales d’autres pays, des graffitis ayant pour consignes la libération des « prisonniers politiques mapuche[1] ». Régulièrement, les rues de Santiago et celles du chef-lieu de la région de l’Araucanie, Temuco, sont envahies par des centaines, voire des milliers, de manifestants armés de cornes et tambours traditionnels réclamant « terre, justice et liberté pour le peuple Mapuche ! ». Circule sur internet, en format mp3, la chanson du groupe de jeunes mapuche vivant à Santiago, Wechekeche ñi Trawun, scandant « Liberté pour les Mapuche en lutte »…
Dans un ouvrage collectif d’intellectuels mapuches, au titre provocateur de ¡…Escucha winka... ! [2] et publié par LOM, l’une des maisons d’édition les plus prestigieuses du Chili, Sergio Caniuqueo, historien, rappelle que « les prisons d’Angol et Traiguen, hier comme aujourd’hui, continuent à être les centres de concentration des prisonniers politiques mapuche ». Où que l’on soit, il est difficile de ne pas entendre parler des Mapuche, peuple autochtone du cône sud de l’Amérique latine, dont certains dirigeants et membres de communautés sont emprisonnés dans les geôles du sud du Chili, depuis plusieurs années, pour avoir réclamé leurs « terres ancestrales ».
Malgré un certain prestige obtenu au niveau international grâce à l’accession au pouvoir d’une « présidente socialiste » et surtout à ses résultats économiques enviés par les pays voisins, le Chili est convulsionné de part et d’autre par la contestation de différents secteurs de la population – étudiants, lycéens, mineurs, fonctionnaires – tandis que les indices d’inégalité sociale ne cessent d’augmenter. Confronté à la résurgence d’un mouvement autonomiste mapuche aux revendications non seulement foncières, mais également civiques, le Chili éprouve des difficultés à régler sa « dette historique » avec ses peuples originaires.
La plupart des pays qui ont connu ce type de situation d’émancipation postcoloniale sont passés par une étape de « judiciarisation » des demandes des peuples autochtones, consistant en quelque sorte en la réappropriation de l’arme du colonisateur par les colonisés : la loi. Ce processus de « judiciarisation » se caractérise en effet par l’utilisation, voire la réinvention, des différents dispositifs, instruments et stratégies juridiques de la part des autochtones pour obtenir leur droit : c’est ainsi que, par exemple, le Canada a dû restituer des terres aux descendants des Premières Nations qui avaient fait valoir devant les tribunaux nationaux et internationaux des traités signés entre la Couronne britannique et leurs ancêtres, il y a plus de deux siècles.
Dans le cas du Chili, on a pu observer ces dernières années une tendance inverse qui a consisté, en guise de réponse aux demandes indigènes croissantes, à leur nier tout droit politique et à « criminaliser » les différentes manifestations de protestation menées par les communautés et organisations mapuche. La force de la loi, placée sous la tutelle du sacro-saint État de droit, du maintien de l’ordre et du bon « fonctionnement des institutions », a ainsi été utilisée depuis le retour à la démocratie (1990) pour faire face à des demandes dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’elles auraient mérité d’être prises au sérieux et traitées politiquement, car elles concernent non seulement les différents groupes autochtones, mais également le peuple chilien dans son ensemble.
S’il est certain que l’appellation de « prisonniers politiques mapuche » est récente – l’apparition de cette dénomination datant, semble-t-il, de 1999 – la violence d’État envers les Mapuche, qu’elle soit symbolique ou physique, et leur emprisonnement arbitraire sont des phénomènes plus anciens. Il suffit de consulter la foisonnante littérature scientifique existant sur l’histoire du Chili et des Mapuche pour constater que la « question indigène » a souvent été abordée en termes de « problème » ou de « conflit », et traitée plus « par la force que par la raison »[3]. L’historien Gabriel Salazar, qui a reçu récemment le prix national d’histoire, résume très bien, dans une réflexion sur les « racines de la violence au Chili », cette relation ambiguë qui s’est instaurée dans les mentalités des chiliens :
L’armée « victorieuse » qui a vaincu les Péruviens par deux fois, qui n’a pas combattu les Argentins et qui a eu des difficultés avec les Espagnols, a été extrêmement « victorieuse » dans son effort pour, comme le disent les historiens classiques, « pacifier » l’Araucanie. Qu’est-ce que signifie « pacifier l’Araucanie » ? Expulser 80% de la population indigène vers le sud ou de l’autre côté de la Cordillère, leur prendre 85% de leurs terres et décimer la population dans des proportions qui n’ont jamais été calculées – car c’est le massacre le plus grand de l’histoire du Chili –, et aujourd’hui le problème mapuche est défini, pour le dire rapidement, comme policier ou même comme de sécurité intérieure. (…) Habituellement les relations avec les peuples indigènes dans ce pays ont été médiatisées par les guerres, et les guerres sont les évènements pratiques, catégoriques, brutaux, qui ont existé. (…) Toute la culture indigène, tout le passé indigène, toute l’identité ancestrale de cette terre, tout ce qui surgit de la culture de la terre nous l’avons situé de l’autre côté de la Frontera, la frontière guerrière du Bio-Bio. Nous ne l’avons pas intégré à notre mémoire comme une partie de notre identité. [4]
L’utilisation réitérée et arbitraire de la Loi antiterroriste – créée sous la dictature de Pinochet afin de réprimer la dissidence –, contre des membres et des dirigeants de communautés, en plein « retour à la démocratie », a permis à un grand nombre de Mapuche de prendre conscience du caractère politique de la violence à laquelle ils étaient soumis. S’il est certain que ce contexte répressif, de lutte contre le terrorisme, est lié à des conjonctures nationales, continentales voire internationales, on doit cependant constater que les Mapuche étaient qualifiés et jugés comme des terroristes avant septembre 2001, ce dernier événement n’ayant fait que renforcer l’impunité dont bénéficiait l’État chilien pour (mal)traiter ceux qu’il considérait comme des « terroristes ».
Parmi les raisons de ce durcissement de la politique répressive de l’État chilien envers le mouvement autonomiste mapuche, il faut aussi tenir compte du fait que ce dernier a opéré depuis le début des années 90, et plus radicalement à partir de 1997, un virage considérable non seulement dans ses revendications, mais également dans ses modes d’actions, résolument plus agressifs. L’échec des politiques publiques et notamment le mépris et l’inapplicabilité de la Loi indigène, la relégation des Mapuche dans la couche la plus pauvre de la population chilienne, le scandale de la construction de la centrale hydroélectrique de Ralco en plein territoire mapuche-pehuenche [5] sont autant de motifs de contestation. C’est en agissant « là où ça fait mal » – c’est-à-dire, en s’attaquant aux exploitations des grandes entreprises forestières, aux grands domaines agricoles aux mains de riches propriétaires cumulant pouvoirs politiques et économiques ou encore aux grands projets promus par l’État chilien et des multinationales – et en ayant recours à des modes de mobilisations sensationnalistes que les Mapuche ont ainsi fait résurgence sur la scène publique et politique chilienne, non sans faire les frais de la violence d’État.
Un rapide décompte estime à plus de 350 personnes, principalement d’origine mapuche, le nombre d’arrestations lors des manifestations mapuche ces 5 dernières années, la plupart ayant été condamnées à des peines allant de la simple prison avec sursis, ou encore l’interdiction de participer à toute manifestation durant l’année pour des délits mineurs tels que « vol de terres » ou « désordre sur la voie publique », jusqu’à des emprisonnements fermes de 10 ans pour des accusations de « terrorisme ». Dans ces différents cas, la Loi antiterroriste (18.234) et celle de sécurité intérieure de l’État (12.927) ont été invoquées une dizaine de fois [6].
La criminalisation passe aussi par la multiplication des interventions policières dans les communautés, se soldant par un grand nombre de blessés, d’enfants maltraités aujourd’hui encore traumatisés, et par la mort d’un jeune Mapuche, Alex Lemun, assassiné en toute impunité par la police chilienne en novembre 2002, lors d’une récupération pacifique de terres. Le phénomène de criminalisation ne s’arrête pas à ces opérations policières tout aussi spectaculaires qu’elles soient, mais se caractérise également par des opérations d’espionnage de dirigeants, d’infiltrations des organisations ainsi que de vols mystérieux d’ordinateurs dans leurs locaux. Cette nouvelle étape de la criminalisation a également été marquée par l’entrée en scène de groupes paramilitaires et de gardes forestiers, scénario que l’on pensait réservé à d’autres temps. Ces derniers sont soupçonnés aujourd’hui d’être les auteurs d’auto-attentats, afin de disqualifier et de faire accuser les dirigeants des communautés les moins dociles, tout en touchant l’argent de l’assurance des plantations incendiées.
Enfin, la criminalisation de la demande territoriale mapuche peut être plus subtile en s’en prenant non seulement aux dirigeants mapuche et à leurs familles mais aussi à tous ceux susceptibles de les soutenir : un avocat a vu son téléphone mis sur écoute, tandis qu’une autre a été accusée d’avoir trop favorisé les personnes qu’elle défendait… Quant au programme de Droit indigène de l’Université de la Frontera de Temuco, il a dû abandonner l’un de ses axes de recherche concernant l’étude de la question de la criminalisation territoriale mapuche [7], sur demande de la direction de l’université soucieuse de ne pas contrarier ses principaux bailleurs de fonds, constitués notamment d’entreprises forestières.
Différents rapports d’organismes internationaux de protection des droits humains et des peuples autochtones (Amnesty International, la Fédération internationale des Droits de l’Homme, le rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones à l’ONU, Human Rights Watch…) ont fait part de leurs préoccupations face à la situation, obligeant le gouvernement de Ricardo Lagos (2001-2005) puis de Michelle Bachelet à prendre des mesures favorisant les peuples indigènes au Chili.
C’est ainsi qu’un vaste programme de « développement intégral », financé par un prêt contracté auprès de la Banque interaméricaine de développement (BID), a été mis en œuvre au sein de plus de 700 communautés indigènes au Chili, sans pourtant régler les demandes territoriales et politiques, principales sources des conflits actuels. Les dirigeants les plus réticents vis-à-vis de cette politique paternaliste sont souvent ceux qui ont été accusés et emprisonnés, produisant une division symbolique entre le « bon indien » consommateur des politiques de gouvernamentalité néolibérales promues par l’État et les organismes internationaux, et le « mauvais indien », le terroriste, délinquant, mettant en péril non seulement l’État de droit mais également le développement économique de tout le pays. C’est sur la base d’un tel discours fictionnel que le gouvernement chilien a pu depuis une dizaine d’années criminaliser la lutte du peuple mapuche en séparant les bons des mauvais, distribuant les bons points aux plus coopératifs et punissant les plus récalcitrants. Un article publié récemment dans El Mercurio, repris crédulement et traduit en français dans Le petit Journal [8], répète une fois de plus le même refrain et fait planer l’ombre du terrorisme rural sur le sud du pays – menace intérieure provoquée par une minorité, les « mauvais Mapuche », au détriment de la majorité, les « bons Mapuche » –, en parlant d’une « poignée de terroristes encagoulés qui prétend agir au nom de tous ».
Face à une contestation de plus en plus grande de la part des Mapuche, mais aussi des Chiliens et de la communauté internationale, le gouvernement chilien actuel a dû cependant faire quelques concessions, en reconnaissant par exemple l’irrationalité de l’application de Loi antiterroriste envers des dirigeants mapuche, sans pourtant assurer l’annulation des condamnations de ceux qui en ont été victimes et dont les peines de prison ferme ont été alourdies de cinq à dix ans.
On croyait pourtant, à la suite d’une grève de la faim de 65 jours entreprise par quatre prisonniers politiques mapuche durant les mois de mars et avril 2006, que cette situation pourrait s’améliorer. Le gouvernement ainsi que différents parlementaires des partis de la Concertation pour la Démocratie, actuellement au pouvoir, s’étaient engagés à faire voter en urgence des réformes légales favorisant la libération rapide des personnes condamnées à des peines antiterroristes. Au bout de plusieurs mois de débats parlementaires, le cynisme reprit le dessus et lorsque le projet de loi pouvant aboutir à la libération des prisonniers politiques mapuche fut présenté devant le parlement chilien, ce sont les mêmes parlementaires qui s’étaient pourtant engagés quelques mois plus tôt à soutenir l’initiative, qui s’y opposèrent.
Autre preuve de cynisme de la part des gouvernants chiliens, tandis qu’ils appelaient à ne plus appliquer la Loi antiterroriste à l’encontre des militants mapuche, répondant ainsi à la demande des différents organismes de droits humains qui réclamaient des procès justes, les arrestations et les violences policières ont continué dans les communautés, mais cette fois-ci sous le prétexte de la poursuite judiciaire de voleurs de bétail, de récoltes ou de terrains… Dans le cas de la Loi antiterroriste comme de la loi commune, les procédures légales cachent mal l’incapacité du gouvernement chilien à répondre aux attentes du mouvement mapuche, dont il cherche à étouffer les revendications territoriales et politiques en stigmatisant et divisant le monde social indigène.
Alors que la voix des Mapuche a commencé à se faire entendre un peu partout à l’intérieur et à l’extérieur du pays, Michelle Bachelet, ne voulant pas entacher le prestige dont elle bénéficiait au niveau international, s’est empressée d’annoncer ces derniers mois de nouvelles initiatives en faveur du respect des droits des peuples indigènes [9], repositionnant du même coup le Chili dans les traités, accords et législations internationales se référant à cette problématique.
Mais quid des promesses de campagne présidentielle où la candidate Bachelet s’était engagée à ne plus appliquer la Loi antiterroriste contre des dirigeants mapuche, à faire cesser la criminalisation de leurs revendications et à obtenir des réductions de peine pour ceux qui avaient déjà été condamnés ? Depuis sa prise de fonctions, Michelle Bachelet a fait preuve de très peu d’originalité en matière de politique indigène ; elle s’est placée en stricte continuatrice de l’œuvre de son prédécesseur, Ricardo Lagos, quitte à payer les pots cassés comme c’est le cas aujourd’hui.
Fonctionnaires des institutions indigénistes relevés de leurs fonctions [10], scandales de corruptions, maintien de nombreux conflits dans les communautés, faisant parfois l’objet de violences, cuisant revers de l’échec parlementaire de la réforme de la Loi antiterroriste – qui devait permettre la libération prochaine de 8 personnes condamnées pour « terrorisme »–, après la suspension de la grève de la faim : autant de signaux qui révélent les limites des « politiques indigènes » mises en place depuis le retour à la démocratie, et laissent malheureusement présager la pérennisation des conflits avec leur lot de violences et d’injustices.
Cette conjoncture complexe met bien en évidence qu’il faudra plus que des prisons, des promesses et des bonnes intentions pour résoudre un conflit historique et civique soulevant la question importante de la place des peuples autochtones dans les Nations qui les ont colonisées. C’est à cette question que les peuples chilien et mapuche devront aussi essayer de répondre à la lumière d’autres expériences internationales mais surtout en innovant – en réussissant à fonder une citoyenneté de destin à caractère non-excluant, assurant le bien être et le respect de l’identité de chacun dans un pays multiculturel : le Chili.
Article de Fabien Le Bonniec publié dans Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2898 – http://www.alterinfos.org/spip.php?article686
En cas de reproduction, mentionner l’auteur, la source (Dial) et l’adresse internet de l’article.
Notes
[1] Les Mapuche rejettent l’usage pluriel du mot mapuche, qu’ils considèrent comme un substantif collectif.
[2] Est winka celui qui n’est pas mapuche.
[3] « Par la raison ou par la force » est la devise du Chili figurant sur le blason des Armes de la République.
[4] Salazar, Gabriel, 1999, “Raíces Históricas de la violencia en Chile”, Revista de Psicología, vol. VIII, n°2, p. 21.
[5] les Pehuenche sont les Mapuche vivant dans la cordillère des Andes dans la VIII° et IX° région, au sud du Chili.
[6] Le recours à ces lois spéciales, outre le fait qu’elles alourdissent les peines, restreint les droits des accusés tout en offrant à l’accusation différents privilèges telle que la possibilité d’utiliser des témoins anonymes.
[7] Pourtant, les avocats de ce programme de droit indigène avaient pris la précaution de montrer une certaine distance avec le sujet, en n’assurant par principe aucune défense d’inculpés et en refusant d’employer la terminologie « prisonniers politiques mapuche », préférant la formule plus consensuelle et redondante de « personnes mapuches arrêtées dans le cadre du conflit territorial mapuche ».
[8] http://www.lepetitjournal.com:80/content/view/9899/1221/.
[9] Michelle Bachelet s’est ainsi engagée ces derniers mois à obtenir une reconnaissance constitutionnelle des peuples autochtones, à ratifier la convention 169 de l’Organisation internationales du travail, à modifier la Loi antiterroriste et à voter en faveur du projet de Déclaration sur les droits des peuples autochtones aux Nations unies.
[10] Le directeur de la Corporation nationale de développement indigène (CONADI), l’instance publique indigéniste, a été remplacé à deux reprises cette année, entraînant chaque fois une restructuration de la direction de cette institution
lundi 31 mars 2008
La criminalisation de la demande territoriale mapuche
Publicado por
Lautaro Saint-Patrice
en
12:52
0
comentarios
jeudi 27 mars 2008
LA PERVERSION DE LA SENSIBILIDAD
Según los moralistas expertos ingleses, el cuerpo desnudo de un ser humano es más hiriente para nuestra sensibilidad que las terribles noticias que nos llegan de Nepal, que las oscuras bombas que explotan en Irak. Un cuerpo femenino es más perverso que las corridas de toros, que a pesar de ser solo el vicio de una minoría en Europa, se permiten y se televisan en pleno horario infantil en España. Ninguna sensibilidad presenta denuncia.
Parece ser más peligroso el cuadro de un cuerpo desnudo, que el de un cuerpo mutilado, hambriento o torturado, uno de esos que muchas ONG utilizan de forma chantajista para que les donemos dinero o apadrinemos un niño. Por un dólar, por un euro al año nuestra sensible conciencia se apacigua.
Podemos ver un cuerpo vestido de soldado pero eso no hiere la sensibilidad de nadie. Podemos ver un cuerpo vestido de naranja en los campos de concentración de Guantánamo, pero eso no molesta más que a Bush y a los suyos y no por la sensibilidad precisamente. Podemos ver cuerpos en guerra, con armas en las manos, cubiertos con pasamontañas, golpeados en el suelo, cuerpos de policías levantando los palos con odio contra inocentes, podemos ver a las víctimas diarias de cualquier atentado, a los políticos mintiendo y encubriendo todo tipo de corrupción… pero no podemos ver una simple obra de arte. No es moral un pecho femenino o un pene masculino, pero sí un AK 47.
Si el póster de la obra de arte fuera un misil nuclear, la reja de una cárcel o el símbolo Nazi del III Raich, la sensibilidad, la moralidad ni siquiera hubiera parpadeado.
Será que nuestro morbo, hambriento, acostumbrado al banquete diario de carne quemada por el Napalm no aguanta la dulzura del arte y la escupe con asco desmedido. ¿Será?
¿Qué es lo que hiere nuestra sensibilidad? ¿Existe un parámetro? ¿No son obscenas la publicidad de los coches de lujo justo al lado de los Homeless que duermen en las calles? esos pobres invisibles que ya no hieren la sensibilidad de nadie. Quizá si Carnach hubiera pintado homeless…A estas alturas, el arte resulta no apto para todos los públicos. Deberíamos prohibir la entrada en los museos a los menores de edad, ya que en ellos hay montones de escenas de desnudos, inmorales y peligrosas. ¡Que se vayan a las corridas de toros!
La democracia obliga a la mitad de la población a vivir bajo las reglas de un gobierno elegido por la otra mitad, ¿por que no extrapolar esos valores al arte? Si son más aquellos que ven la obra con buenos ojos, entonces, aquellos que la ven con ojos lascivos y pecaminosos tendrán que doblegarse y vivir con la voluntad de la mayoría. Que miren para otro lado en vez de obligar a los demás a no poder mirar a ninguno.Será que los políticos y los funcionarios no tienen ojos para las obras de arte. Será que los gobernantes tienen tanta perversión en sus corruptas mentes que ven pornografía en cualquier cosa, y vergüenza, pecado y lujuria en cualquier tipo de desnudo, ya sea del siglo XVI o del XXV. Y pretenden que todos veamos lo mismo, que veamos con sus acelajados ojos. Será que ellos no saben ver más allá, tan cultos y tan elevados, tan poderosos… Les da miedo un cuerpo desnudo. Miremos todos hacia ese lugar al que nunca o casi nunca nos gusta mirar, a nosotros mismos, y quizá la sensibilidad recupere su sensatez. Por alguna razón preferimos no mirar de frente a la verdad.
Si todo esto sigue así, dentro de poco, muy poco, habrá una junta de nuevos dictadores moralistas que mirarán con lupa todo lo que tenga que ser visto y oído por las masas, para dar el visto bueno o que censuren. Serán los que decidan lo que mejor nos conviene a nosotros, los borregos de esta sociedad hipersensible. Un retroceso gigante, un paso atrás en el camino de la libertad, por el que se avanza con pasitos tan cortos.
Los borregos siguen siendo la carne de pastores hambrientos.
Publicado por
Lautaro Saint-Patrice
en
15:18
0
comentarios
mardi 25 mars 2008
P-FUNK ALL STARS LIVE IN BEVERLY THEATRE IN HOLLYWOOD PART 1

Black bitch, white bitch, flea bite, all scratch, all start to itchin´.
Boy dog, he dog, male dog, pup, all sons of bitches.
Black bitch, white bitch, flea bite, all scratch, all start to itchin´.
Boy dog, he dog, male dog, pup,...and as we fly on y´all
(We come to get down)
We are One Nation Under A Groove tonight, y´all
Ain´t nothin´ but a party.Uh, y´all are gonna be here all night long.
Aw, we got alot shit to do tonight.
Are you all ready to do the dog?
http://www.megaupload.com/?d=DFIITWZ0
Publicado por
Lautaro Saint-Patrice
en
15:51
0
comentarios
jeudi 20 mars 2008
FISHBONE-THE PSYCHOTIC FRIENDS NUTTWERX
Publicado por
Lautaro Saint-Patrice
en
03:33
0
comentarios
mardi 11 mars 2008
La guerra de la que no se habla en la campaña electoral de EEUU
Noam Chomsky
IAR Noticias/The New York Times Syndicate
No hace mucho tiempo se daba por descontado que la guerra de Irak sería el tema central en la campaña presidencial, como lo fue en las elecciones de mitad de período de 2006. Pero prácticamente ha desaparecido, lo que ha generado cierta perplejidad.
No debiera haberla. "The Wall Street Journal" estuvo cerca de acertar en un artículo de primera plana sobre el supermartes, aquel día de múltiples primarias: "Los temas pasan a segundo plano en la campaña 2008 a medida que los electores se enfocan en la personalidad".
Para ponerlo en forma más precisa, los temas dejan de figurar en primer plano, mientras los candidatos y sus agencias de relaciones públicas se centran en la personalidad. Como de costumbre, los temas pueden ser peligrosos. La teoría demócrata progresista sostiene que la población ("marginales ignorantes y entrometidos") debiera ser "espectadora" y no "partícipe" de la acción, como escribió Walter Lippmann.
Los partícipes están conscientes de que ambos partidos políticos están bien a la derecha de la población y que la opinión pública es consistente a través del tiempo, asunto analizado en el útil estudio "La desconexión de la política exterior", de Benjamin Page y Marshall Bouton. Es importante entonces que la atención sea desviada hacia otra parte.El trabajo concreto del mundo es dominio de un liderazgo iluminado. Y ello se revela más en la práctica que en las palabras. El Presidente Wilson, por ejemplo, sostuvo que se debía empoderar a una elite de caballeros de "altos ideales" para preservar la "estabilidad y la corrección", esencialmente en la perspectiva de los Padres Fundadores (de Estados Unidos). En años más recientes, esos caballeros se han transmutado en la "elite tecnocrática", "intelectuales de acción", los neocons "straussianos" de Bush II y otras configuraciones. Para esta vanguardia, las razones para que Irak sea sacado de la pantalla de radar no debieran ser oscuras.
Fueron convincentemente explicadas por el distinguido historiador Arthur M. Schlensinger, articulando la posición de los "palomas" hace 40 años, cuando la invasión de Estados Unidos a Vietnam estaba en su cuarto año y Washington se preparaba para sumar otros 100 mil efectivos militares a los 175 mil que ya estaban haciendo añicos Vietnam del Sur. Por entonces, la invasión suponía arduos costos, por lo que Schlesinger y otros liberales de la línea Kennedy eran reacios a pasar de halcones a palomas.
En 1966, Schlesinger escribió que "todos oramos" porque los halcones tengan la razón al pensar que el incremento militar del momento podrá "eliminar la resistencia" y, si lo hace, "todos podríamos estar saludando la sabiduría y la capacidad estadista del Gobierno" al obtener la victoria, dejando al mismo tiempo al "trágico país hecho polvo y devastado por los bombardeos, arrasado por el napalm, convertido en una tierra baldía por la defoliación química, una tierra en ruinas", con su "tejido político e institucional" pulverizado. Pero la escalada probablemente no tendrá éxito y resultará demasiado costosa para nosotros, por lo que tal vez habría que repensar la estrategia. A medida que los costos para comenzaron a elevarse severamente, pronto ocurrió que todos habían sido "fuertes opositores a la guerra".El razonamiento de la elite y las actitudes que lo acompañan conllevan hoy pocos cambios. Y a pesar de que las críticas a la guerra de Irak son mucho mayores y extendidas que en el caso de Vietnam en cualquier etapa comparable, los principios que articuló Schlesinger siguen vigentes. Y él mismo ha tomado una posición muy diferente ante la invasión de Irak. Cuando las bombas comenzaron a caer sobre Bagdad escribió que las políticas de Bush son "alarmantemente similares a la política que aplicó el Japón imperial en Pearl Harbor, en un fecha que, como dijo un anterior Presidente estadounidense, perdurará en la infamia.
Franklin D. Roosevelt tenía razón, pero hoy somos nosotros los que vivimos en la infamia". Que Irak es "una tierra en ruinas" no está en cuestión. Recientemente la agencia británica Oxford Research Business actualizó su estimación de muertes adicionales causadas por la guerra en 1,03 millones, excluyendo a Karbala y Anbar, dos de las peores regiones. Sea correcta esa estimación, o exagerada, según algunos, no hay duda de que el balance es horrendo. Varios millones de personas se encuentran internamente desplazadas.
Gracias a la generosidad de Jordania y Siria, los millones de refugiados que huyen del colapso de Irak, incluyendo a la mayoría profesional, no han sido simplemente exterminados. Pero esa acogida se debilita porque Jordania y Siria no reciben ningún apoyo significativo por parte de los autores de los crímenes en Washington y Londres; la idea de que ellos puedan admitir esas víctimas, más allá de casos puntuales, es demasiado estrafalaria para ser considerada. La guerra sectaria ha devastado a Irak. Bagdad y otras áreas han sido sometidas a una limpieza étnica brutal y dejadas en manos de señores de la guerra y milicias, la primera carta de la actual estrategia de contrainsurgencia desarrollada por el general Petraeus.
Uno de los más informados periodistas que se han adentrado en la chocante tragedia, Nir Rosen, publicó recientemente un epitafio, "La muerte de Irak", en "Current History". Escribe Rosen: "Irak ha sido asesinado, para nunca más levantarse. La ocupación estadounidense ha sido más desastrosa que la de los mongoles, que saquearon Bagdad en el siglo XIII", percepción común de los iraquíes. "Sólo los tontos hablan ahora de ‘soluciones’. No hay solución. La única esperanza es que tal vez el daño pueda limitarse".Independiente a la catástrofe, Irak sigue siendo un tema marginal en la campaña presidencial. Eso es natural, dado el espectro halcón-paloma de la opinión elitista. Las palomas liberales adhieren a su razonamiento y actitudes tradicionales, rezando por que los halcones tengan la razón, EEUU obtenga una victoria e imponga "estabilidad", palabra código para la subordinación a la voluntad de Washington.
Los halcones son alentados y las palomas silenciadas con entusiastas informes sobre menores bajas tras el incremento de tropas. En diciembre, el Pentágono difundió "buenas noticias" sobre Irak: un estudio mostraba que los iraquíes tienen "opiniones mezcladas", por lo que la reconciliación debería ser posible. Las opiniones eran dos. Primero, que la invasión de EEUU es la causa de la violencia sectaria que ha hecho trizas a Irak. Segundo, que los invasores debieran retirarse.
Unas pocas semanas después del informe del Pentágono, el experto militar en Irak de "The New York Times", Michael R. Gordon, escribió un análisis razonado sobre las opciones respecto a Irak que enfrentan los candidatos presidenciales. Hay una voz que falta en el debate: la de los iraquíes. Más bien, no es digna de mencionar.
Y parece que a nadie le importa. Eso tiene sentido en la habitual presunción tácita de casi todos los discursos sobre política internacional: somos dueños del mundo, ¿qué importa entonces lo que otros piensen? Son "no-personas", por tomar prestado el término usado por el historiador británico Mark Curtis en su trabajo sobre los crímenes imperiales de Gran Bretaña. Por rutina, los estadounidenses se unen a los iraquíes en ser no-personas. Tampoco sus preferencias brindan opciones.
Publicado por
Lautaro Saint-Patrice
en
10:17
0
comentarios
jeudi 28 février 2008
ISRAEL EN AMERICA LATINA
Nadie imaginó, hace 60 años, que el Estado de Israel, cuyo pueblo soñó durante siglos con el “derecho a existir”, acabaría negándoselo a sus primos hermanos palestinos. Nadie imaginó que los jefes políticos del pueblo elegido acabarían promoviendo el terrorismo internacional, junto con Estados Unidos.
En la industria bélica israelí trabaja la cuarta parte de la población económicamente activa. ¿Quiénes son sus clientes? No quienes también sueñan con su “derecho a existir”, sino los regímenes que realizan negocios suculentos, ajustándose a las reglas del “libre mercado”. Money, money, money.
A inicios de mes trascendió que Colombia comprará a Israel 24 aviones supersónicos “renovados” del tipo “cachorro de león” ( Kfir , en hebreo), que los agentes del Mossad contribuyeron a diseñar robándose los planos del Mirage francés, así como también copiaron el tanque Merkava del inglés Chieftain, y el fusil Galil del soviético AK.
Fuera de transacciones comerciales y pormenores técnicos, se agradece la honestidad de Juan Manuel Santos, ministro de Defensa de Colombia: “Se piensa en el conflicto armado interno, no en los vecinos”. O sea: en los vecinos. O sea: en Venezuela. Pero a ver… ¿no dijo Shakira que los colombianos “están-cansados-de-la-guerra”? Apresúrese a palomear “sí”, “no”, “no sé”, “me da igual”, porque el sátrapa Álvaro Uribe Vélez va por la tercera relección, y con los gringos se las trae.
Los intereses armamentistas de Israel en América Latina cuentan ya con larga experiencia. Allí donde hay huevos de la serpiente, sus mercaderes se hacen presentes para mimarla, orientarla, entrenarla, y venderle… “seguridad”. Empezaron con sigilo al inicio del decenio de 1970, cuando aún existían gobiernos que creían en el derecho internacional.
En rigor, la cooperación estratégica Washington-Tel Aviv en América Latina data de 1962, cuando el gobierno de Kennedy incorporó a los “Cuerpos de Paz” técnicos sionistas para divulgar el cooperativismo agrario como forma de guerra sicológica en un continente atraído por la revolución cubana.
Tras el golpe de Estado en Chile (11 de septiembre de 1973), Israel vendió a Pinochet misiles aire-aire Shafir, mientras instructores israelíes aterrizaban en Santiago y oficiales chilenos poblaban las academias militares israelíes. Israel y el régimen racista de Sudáfrica eran para entonces los países más amigos de Chile.
La vieja doctrina exterior de Abba Eban (ex ministro israelí de Asuntos Exteriores, 1915-2002), dividir el espectro mundial entre amigos de Israel y amigos de los árabes, fue sustituida por Ariel Sharon, sumándose a la doctrina del Pentágono.
“El esfuerzo militar de Israel –enfatizaba Sharon– es el principal en todos los órdenes y debe ser enfocado en la perspectiva del conflicto global entre el mundo comunista y el Occidente de capitalismo libre, sosteniendo por las armas la causa occidental en cualquier rincón del mundo.”
Luego, el preámbulo y el primer punto del acuerdo de cooperación estratégica suscritos por Ronald Reagan y Menajem Beguin auspició las “operaciones conjuntas más allá de la zona del Mediterráneo”.
El punto tres del acuerdo estipulaba la “cooperación estrecha en la orientación de la asistencia militar en todo el tercer mundo”. Y para el caso, Sharon contrató al estadunidense Arie Granger para efectuar un profundo estudio de marketing de armamentos en América Latina.
Según un editorial de The Guardian (27/8/82) y Le Monde Diplomatique (octubre de 1982), ambos firmados por el analista Ignacio Klich, Israel aspiraba a “…convertirse en el mandatario de Estados Unidos en América Central, el Caribe, África del Sur y Taiwán, pues por razones políticas Washington no puede brindar toda la asistencia militar requerida por los regímenes amigos”.
Recordemos el caso del mexicano Marcos Katz, representante oficial de las industrias aeronáuticas israelíes en México y América Central. En julio de 1977, Katz se vio en dificultades cuando el diario Haaretz de Tel Aviv lo señaló como el contratista de un avión de transporte argentino decomisado en el aeropuerto de Siwell, Barbados. El avión transportaba 26 toneladas de armas y municiones vendidas por Israel a Guatemala y embarcadas por Katz en Portugal.
El gobierno de Bridgetown presentó una protesta al gobierno israelí. “Las armas –observó– serán destinadas al país centroamericano debido ‘al problema con Belice’ (por el cual Guatemala reclamaba soberanía).”
Comedidamente, Tel Aviv “demostró” que el avión que las transportó no salió de Israel. ¿Y Katz? Olvídese. En 1976, el caballero había donado 50 mil dólares a la Universidad Religiosa Israelí Bar Ilan para consagrar una cátedra a nombre de sus progenitores, y Tel Aviv dio por cerrado el asunto.
En 1978, tras la suspensión de la ayuda militar yanqui a Guatemala por la violación sistemática de los derechos humanos, Israel se apiadó del régimen genocida y le vendió 11 aviones Arawa, 10 blindados RBY-MK, 15 mil fusiles Galil, morteros de 81 mm, bazucas, lanzagranadas, tres guardacostas Dabier, un sistema de transmisiones tácticas, un circuito de radares y 120 toneladas de municiones.
En una sesión del Tribunal Permanente de los Pueblos (Madrid, 1983), el ex secretario de prensa del Ministerio del Interior de Guatemala, Elías Barahona, declaró que desde 1977 Israel era “… el principal asociado de Estados Unidos para su estrategia militar en América Central”.
Barahona había sido testigo de excepción de la matanza cometida por el ejército guatemalteco contra un grupo de refugiados en la embajada de España el 31 de enero de 1980, hecho en el que perdieron la vida varios familiares de Rigoberta Menchú, premio Nobel de la Paz.
El desprestigio del genocida que presidía entonces el país centroamericano, el general Fernando Lucas García (1978-82), llevó a que la CIA y el Mossad buscasen al hombre “idóneo”. Por obvias razones comerciales, los israelíes eligieron al general Efraín Ríos Montt, oficial de la fuerza aérea, quien en marzo de 1982 dio un golpe de Estado y puso manos a la obra.
El programa de Ríos Montt se llamó Fusiles y Frijoles, táctica contrainsurgente que arrojó resultados macabros. Se trataba de concentrar el campesinado en “campamentos modelo” con el fin de aislar la base social de la guerrilla. Los campamentos se convirtieron en centros de exterminio masivo, y hasta hoy se siguen descubriendo las fosas comunes en las que fueron arrojadas miles de víctimas.
La asistencia israelí consistía en “modificar el patrón de población y actividad laboral”, eufemismo encubierto en el insólito término “palestinización”. Simultáneamente, en el departamento selvático de Alta Verapaz, Tadiran Israel Electronics montaba una fábrica de municiones, subametralladoras Uzi y fusiles Galil.
Por su lado, la Tagle Military Gear Overseas, con matriz en Tel Aviv, instaló una filial en el hotel Cortijo Reforma de la ciudad de Guatemala. Negocio que conllevaba sus riesgos. La guerrilla salvadoreña mató al importador de armas y cónsul honorario israelí Ernesto Liebes, señalado “criminal de guerra por el asesinato de miles de civiles salvadoreños”.
Las zonas asoladas por el etnocidio guatemalteco tuvieron lugar en el norte del país, rico en petróleo, uranio, cobre, cobalto, níquel, cromo, magnesio y asbesto, minerales críticos de gran demanda en Estados Unidos. La inserción israelí en la zona funcionó en el marco del resguardo estratégico de Washington en el “triángulo Guatemala/ El Salvador/ Honduras”.
El relevo de Israel para cubrir las espaldas de Washington en América Central estaba asegurado desde 1975. Por ejemplo, hasta 10 días antes de la caída de Anastasio Somoza (julio de 1979), Israel no dejó de contribuir al desangre del pueblo nicaragüense.
A finales de 1982, el ministro de Defensa de Israel, Ariel Sharon, apareció en Honduras acompañado por el general David Ivry, comandante en jefe de la fuerza aérea. Según el diario Tediot Anaronot , de Tel Aviv, Sharon ofreció a Honduras 12 aviones Kfir, instalaciones de radar y 50 asesores militares y especialistas en seguridad. Por su lado, el Central America Report informaba que Honduras contaba con un centenar de expertos israelíes de contrainsurgencia, otros tantos en El Salvador, y 300 más en Guatemala. Según la agencia de noticias italiana Ansa, luego de arrasar Beirut Israel ofreció al gobierno de Honduras y Costa Rica armamento capturado a la Organización para la Liberación de Palestina (OLP)… gratis.
El 20 de julio de 1983, el New York Times publicó un informe secreto del ejército de Estados Unidos revelando que tales armas eran traspasadas a la contra nicaragüense. Con todo, 25 por ciento del armamento de los contras era de procedencia oficial israelí.
En El Salvador, el National Catholic Reporter dio cuenta de un informe de la venta que Israel hizo al gobierno de 25 aviones Arava, 19 Dassault Ouragan y seis Super-Mystere. Tel Aviv le venía entregando a la dictadura salvadoreña 21 millones de dólares anuales. Pero en 1983 el ministro de Relaciones Exteriores, Izthak Shamir, declaró la intención de elevar la ayuda militar a 81 millones de dólares.
Años más tarde, la cadena de televisión ABC News reveló que entre 1983 y 1986 agentes israelíes y estadunidenses proporcionaban a la contra nicaragüense armas que compraban en Polonia y Checoslovaquia, con fondos de la CIA reservados para operaciones secretas (Afp, Washington, 8/4/89).
Las armas se lanzaban con paracaídas en El Salvador y Costa Rica, tras haber sido transportadas a Panamá, vía Yugoslavia y Bolivia. “Sólo la CIA y los israelíes pueden regalarle a uno esto”, declaró a la revista Newsweek Edén Pastora, líder de los mercenarios nicaragüenses, tras recibir 500 fusiles automáticos.
En Panamá, los intermediarios de la CIA eran el cubano Félix Rodríguez (uno de los asesinos del Che Guevara) y el israelí Mike Harari, asesor del general Manuel Antonio Noriega cuando éste aún colaboraba con la CIA. ABC News añadió que los aviones se trasladaban luego a Estados Unidos, con droga cargada en Colombia y Panamá.
Publicado por
Lautaro Saint-Patrice
en
14:48
0
comentarios


